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Manni Goldbeck

Les shebeens m’ont toujours fasciné, à tel point que chez Gondwana Collection Namibia, nous avons décidé de construire au Etosha Safari Camp, un restaurant et un bar basés sur des shebeens datant d’avant l’indépendanceCelui-ci se trouve juste au sud du parc national d’Etosha. Avec son bric-à-brac coloré, ses musiciens en live qui jouent tous les soirs dans la cour, ses affiches d’hommes estimés comme Nelson Mandela et Toivo ya Toivo – et son délicieux dîner-buffetle shebeen est devenu le point culminant de toute visite au Etosha Safari Camp Lodge. Le restaurant Oshebeena ravive l’esprit chaleureux des shebeens d’autrefois, qui sont devenus une partie si importante de la culture en Afrique australe, avec leur rôle de centres de rassemblement pour la danse, les discussions et le divertissement. 

© Annelien Murray
© Annelien Murray
© Annelien Murray

Il est intéressant de noter que le mot « shebeen » a des origines gaéliques et est dérivé du mot irlandais « séibín » ou « sibín » désignant une mesure dgrain, une bière douce ou encore le diminutif de « seibe » (tasse). Le terme shebeen a fini par signifier « une buvette non autorisée » ou une taverne et s’est répandu dans le monde entier, y compris dans des endroits aussi éloignés que l’Irlande, l’Écosse, l’Angleterre, le Canada et les États-Unis. 

Les restrictions imposées dans le pays après la Première guerre mondiale ont porté leurs fruits involontairement, entraînant l’abondance des shebeens (ou des cucu shops) qui ont vu le jour dans le nord de la Namibie, proposant de l’alcool traversant la frontière de l’Angola, alors sous occupation portugaise. En Afrique du Sud, les shebeens qui ont ouvert chez certaines personnes sont devenus des lieux de rencontre populaires où l’on pouvait prendre un verre, s’informer des dernières nouvelles ou encore écouter de la musique. Ils étaient souvent dirigés par une femme de la maison, qui préparait sa propre bière à base de maïs ou de sorgho. Ils sont également devenus des endroits où les militants pouvaient se rencontrer et ont été régulièrement perquisitionnés voire fermés par la police, pour rouvrir en secret quelques temps plus tard... 

Les shebeens ont été légalisés après l’indépendance et aujourd’hui, la plupart d’entre eux sont légitimes. Ils proposent de la bière maison granuleuse ou de la bière des brasseries namibiennes. Ils vendent également des produits ménagers et proposent des plats comme la kapana (viande) ou les vetkoek (boules de pâte frites). Bien que de nos jours, les gens aient des sentiments mitigés à propos des shebeens car ils attirent des jeunes parfois trop indisciplinés, ils continuent d’être des lieux de rencontre pour manger et écouter de la musique. Une multitude de shebeens borde la route dans les régions de l’Ovamboland au nord de la Namibie, à partir d’Ondangwa jusqu’à Oshakati. À la fin d’une longue journée, alors que le soleil plonge derrière l’horizon, il est courant de voir des gens se détendre sur des chaises en plastique à l’extérieur des shebeens, profitant de l’heure dorée de la fin d’après-midi. 

Les shebeens ont des noms intrigants, qui vont de « Joy Bar » (bar de la joie), « Back of the Moon » (arrière de la lune) et « Lost Key Bar » (clé perdue) à « Reality Bar » (bar de la réalité) ou encore « Facebook Shebeen ». Au fil des ans, lors de mes voyages dans le Nord, j’ai pris plaisir à prendre des photos de cet assortiment coloré et à collectionner plus d’un millier de noms et de photos de shebeens. Je suis toujours ravi lorsque j’en découvre un nouveau. Gondwana a même organisé un concours, ouvert au public, pour trouver le nom le plus populaire parmi les nombreuses propositionsC’est « Down Corruption Bar » qui a remporté le concours les doigts dans le nez, et le nom est désormais fièrement affiché au restaurant de l’Etosha Safari Camp. 

Chaque fois que j’essaie de trier les noms de shebeenen catégories, j’en trouve au moins trente qui contiennent le mot « life ». Il y a « Medium Life », « Better Life », « Easy Life », « Good Life », « Top Life », « New Life » et mon préféré, « Water is life ». 

Ces « Life bars » prennent désormais un sens supplémentaire pendant le confinement causé par la pandémie de COVID-19. Lorsque le monde est en crisenous aspirons à des jours où nous pourrons à nouveau savourer la liberté que nous prenons habituellement pour acquise. 

Bien que tous les shebeens soient fermés pour le moment, comme le suggèrent les nombreux noms de shebeens, qu’il s’agisse d’une vie moyenne ou supérieure, l’important, c’est de vivre ! 

*Ovamboland est l’ancien nom de la région, mais toujours communément utilisé et utilisé dans cet article pour plus de clarté.

Photos fournies par Gondwana Collection Namibia, sauf autrement indiqué.

Manni Goldbeck était l’un des fondateurs de Gondwana Collection Namibia en 1995. Il est l’ancien PDG de l’entreprise et a ensuite passé les rênes à Gys Joubert pour lui-même devenir Directeur Marketing, poste qui lui permet de mettre à profit toute sa créativité.

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