Texte original: Ron Swilling
Traduction: Anouchka Boiteux

“ Suivez votre cœur ”… Certainement l’un des meilleurs conseils de vie, et il s’applique assurément aux roadtrips. Alors si votre organisation le permet et que vous vous retrouvez dans un endroit qui apaise les sens et réchauffe les cœurs, il est toujours bon de s’y attarder quelque peu.

Après la visite des gravures rupestres de Twyfelfontein, au nord-ouest de la Namibie, je décide de suivre ce conseil à la lettre. Le Damara Mopane Lodge – avec ses potagers débordant de legumes et de tournesols – mérite bien que je m’y attarde un jour de plus. Fort heureusement, les dieux du voyage sont de mon côté et modifier mes plans s’avère facile. Je dispose donc de plus de temps pour profiter de la forêt d’arbres mopanes et du lodge rafraîchissant niché au cœur du Damaraland.

L’incongru Vingerklip

Après une bonne nuit de repos, je suis reboostée pour la prochaine étape du voyage – la route Etosha-Cuvelai qui mène du cœur du pays jusqu’au nord. Je me dirige vers l’est pour rejoindre la ville d’Outjo, la porte d’entrée vers le parc national d’Etosha. Mais d’abord, je fais un détour rapide pour explorer le Vingerklip (doigt de pierre), une formation rocheuse qui pointe au-dessus des terrasses de l’Ugab comme si elle désobéissait à la gravité et au temps, se dressant fièrement alors que ses contemporains se sont décomposés en poussière. Je l’apprécie immédiatement, reconnaissant l’entêtement de la Nature, et marche jusqu’à sa base pour admirer le paysage qui s’étend si élégamment à l’horizon. Enhardie par ce symbole de non-conformité, de rébellion et de grandeur, je lance un « Oui » à la Vie depuis le pied du rocher accidenté, les bras écartés, et c’est comme si mes mots se retrouvaient catapultés jusqu’au ciel.

Le “Vingerklip” ou “doigt de pierre” © Gondwana Collection Namibia
Les merveilles d’Etosha

Après ce moment de lâcher-prise, je suis impatiente de rejoindre Etosha et son bien-connu Etosha Safari Camp, à dix kilometres seulement du parc national. Chaque visite à Etosha est une surprise, révélant quelque chose de nouveau. Entrer dans ce vaste sanctuaire animal n’est rien de moins que le glaçage – et les cerises ! – sur un succulent gâteau au chocolat. Après avoir découvert ma maisonnette colorée au Camp, je me rends dans le parc national pour rejoindre le point d’eau d’Okaukuejo. Une femelle koudou me fait un clin d’œil, un éléphant me salue du bord de la route et une horde de zèbres me laisse en émoi. C’est un début de safari vivifiant, qui laisse un franc sourire sur mon visage tout le long du chemin du retour. Le soleil me salue avant de tirer sa révérence pour la nuit.

Eléphants dans le parc national d’Etosha © Gondwana Collection Namibia

Dîner dans la cour du Shebeen de l’Etosha Safari Camp est toujours une expérience remplie de plaisir. Les musiciens caressent leurs guitares autour du feu et murmurent quelques chansons locales tandis que voyageurs et hôtes se rejoignent pour un petit pas de danse. Le soir, la terrasse animée est un endroit enchanteur pour savourer la délicieuse gamme de nourriture avant de reprendre le chemin de ma chambre à la lueur des étoiles.

Le lendemain, mon unique projet (et pas des moindres !) est de prendre mon temps pour explorer les nombreux points d’eau, tandis que je conduis vers l’est à travers Etosha. Le trajet s’avère lent, entre de nombreux croisements de zèbres et déviations animales. Il y a quelque chose d’incroyablement satisfaisant à s’asseoir au bord d’un point d’eau au cœur de l’Afrique en regardant les animaux aller et venir. La patience est plus que récompensée lorsqu’un méli-mélo d’espèces arrive pour étancher sa soif.

Un jeune lion se désaltère à l’un des points d’eau du parc national d’Etosha
© Gondwana Collection Namibia
La richesse culturelle des régions Ovambos

Je choisis d’emprunter la route Etosha-Cuvelai de Gondwana, l’option plus sauvage pour rejoindre Rundu. Celle-ci continue à travers les régions Ovambos qui bordent le parc national d’Etosha. A Namutoni, je vire vers le nord en direction de la porte de King Nehale où un nouveau lodge ouvrira ses portes le 1er mai 2020 : Etosha King Nehale. Dès que je sors du parc et que je traverse les plaines herbeuses, les le bétail remplacent la faune. Et comme je suis près de la ville d’Omuthiya, je me retrouve soudainement dans une zone animée comme si je venais d’être propulsée à travers une frontière invisible. Des shebeens colorés aux noms farfelus et de petits commerces bordent les routes. Les vendeurs de rue exposent leurs produits en tas colorés bien équilibrés sur le sol.

Le mot “Cuvelai” se réfère au bassin de Cuvelai, une zone de drainage massive comprenant des centaines de canaux qui s’écoulent depuis les hautes terres angolaises et se terminent – durant les années de bonnes pluies – dans la cuvette d’Etosha. Ces “oshanas” qui se remplissent d’eau pendant la saison des pluies en début d’année font partie du caractère unique de cette zone à faible altitude.

Un oshana © Gondwana Collection Namibia

En passant la nuit au Ongula Village Homestead près d’Ondangwa, j’ai la chance de goûter au porridge local mahangu (une variété de millet), dégusté avec un chutney d’épinards ou du poulet savoureux. Tandis que je me promène dans le sable du village, le soleil couchant enflamme les palmiers makalanis de couleurs flamboyantes, peignant le paysage en doré. Une nuit paisible m’attend, avant un réveil au chant du coq et au braiement des ânes qui accueillent le retour de leur fidèle ami, le soleil.

Le nouveau jour apporte un nouvel objectif ! Je reprends la route tranquillement sur la B10 qui longe le nord du pays. Celle-ci a été goudronnée au cours des dernières années, ce qui en fait une alternative facile à la B8 jusqu’à Rundu – et l’occasion de découvrir les régions du Nord et la culture Owambo en cours de route.

Un paradis sur les berges du fleuve Okavango

Une voie bordée d’arbres et de fermes familiales me conduit finalement à une zone plus peuplée. J’aperçois l’eau bleue de la rivière et je commence à distinguer les vendeurs de poisson le long de la route, à l’approche de Rundu. L’excitation est à son comble tandis que je pénètre enfin dans cette partie plus verte du pays avec ses fleuves pérennes, qui équilibrent si bien les régions arides de la Namibie.

Le Hakusembe River Lodge © Gondwana Collection Namibia

Je suis déjà conquise quand je prends le virage d’accès au Hakusembe River Lodge, un havre exceptionnel sur les berges du fleuve Okavango. Ici, les chalets au toit de chaume blottis sous de grands arbres feuillus bordent la rive herbeuse. Le court trajet jusqu’à l’oasis de verdure et l’entrée du lodge fait remonter en moi ce sentiment de paix si familier à Hakusembe. Tout le stress et les soucis s’envolent comme par magie ! Comme à chacune de mes visites, il est grand temps de me mettre au diapason avec le rythme de la rivière.

On the Road again… A bientôt pour une nouvelle étape !

Dites-nous en commentaires quelle région de la Namibie nous souhaiteriez que nous mettions en lumière !

Abonnez-vous à notre newsletter

Recevez nos derniers articles et bons plans directement dans votre boîte mail pour préparer votre voyage et ne rien manquer de l'actualité namibienne.

Pin It on Pinterest

Share This