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Texte original: Brigitte Weidlich
Traduction: Anouchka Boiteux

Attention Mesdames et Messieurs, nous parlons ici du seul et unique jardin botanique de Namibie ! Moins connu que le Zoo Garden situé sur Indépendance Avenue et que les jardins du Parlement à proximité du Tintenpalast, vous le trouverez caché un peu plus au sud sur une colline, en direction de Klein Windhoek.

Et croyez-nous, la visite en vaut la peine. Ce jardin est une véritable oasis de verdure au cœur de la capitale, avec ses sentiers de randonnée et ses bancs pour admirer la vue. Ici, vous trouverez également l’Institut National de Recherche Botanique de Namibie (NBRI).

Les marcheurs pourront rejoindre le jardin botanique en laissant derrière eux l’Alte Feste et le lycée Windhoek High School. Puis prenez à gauche au sommet de la colline via la rue Orbanstraße. Continuez tout droit jusqu’à atteindre l’élégant bâtiment vert et blanc au portail décoré de motifs végétaux.

Les visiteurs peuvent découvrir le jardin gratuitement du lundi au vendredi de 8h00 à 17h00, ainsi que le premier samedi du mois de 8h00 à 11h00. N’oubliez pas de porter des chaussures appropriées !

Ici, la part belle est faite aux plantes endémiques. Dégainez votre appareil photo pour immortaliser la forêt d’arbres aux carquois (Quivertree) et les surprenants arbres-bouteille (Bottle tree). Ne manquez pas également la section dédiée aux plantes désertiques, espèces endémiques, rares et menacées. Sa construction a nécessité l’acheminement de sable véritable depuis le désert ! Bien évidemment, cet espace si riche en biodiversité est également le paradis des insectes et des oiseaux, tandis que lézards et damans crapahutent entre les rochers.

Pour les plus passionnés, plongez-vous dans les trésors de la bibliothèque botanique située à l’intérieur du bâtiment principal.

Un large chemin attend les visiteurs du jardin botanique de Windhoek.
© Brigitte Weidlich
Les débuts de l’étude botanique en Namibie

En 1897, le jardinier-botaniste Kurt Dinter, originaire de Bautzen en Allemagne, s’en rendu en Namibie (à l’époque, le Sud-ouest africain allemand). En mission pour la Société colonial allemande, il fut chargé de collecter des échantillons de végétaux et de les soumettre à diverses expériences. Pour ce faire, il construisit un jardin expérimental à 90 km à l’est de Swakopmund, près de Salem. Un an plus tard, il créa sa propre entreprise de récolte de plantes à destination des botanistes européens. En 1990, le gouvernement colonial allemand lui décerna le titre de premier officier des forêts et botaniste. Durant les années suivantes, Dinter créa plusieurs pépinières destinées à l’exploitation forestière, étudia les opportunités de pastoralisme et répertoria les diverses plantes vénéneuses. A l’issu de la Première guerre mondiale, il collecta de nombreux spécimens namibiens destinés aux herboretums sud-africains et découvrit pléthore de nouvelles espèces durant son séjour dans ce pays, avant de rentrer en Allemagne en 1925.

L’année qui suivit marqua l’arrivée en Namibie du jeune Willy Giess, originaire de Francfort et âgé de seulement 16 ans à l’époque. En 1953, il deviendra le tout premier conservateur du nouvel herboretum national. Giess construisit une renommée internationale jusqu’à son décès à Swakopmund en 2000. Cependant, la botanique ne semblait pas être sa destinée première. L’un des premiers élèves du Collège d’Agriculture de Neudamm près de Windhoek, il souhaitait devenir fermier, profession qu’il a conservée jusqu’à la Seconde guerre mondiale. Comme bon nombre d’intellectuels allemands, il fut déporté dans un camp en Afrique du Sud. De nombreux déportés mirent à profit leur incarcération pour peaufiner leurs connaissances. Les cours prodigués ont même obtenu accréditation à l’issue de la guerre. Giess quant à lui étudia la botanique auprès du Professeur Otto Heinrich Volk, lui aussi interné. En 1946, il fut embauché par l’Université de Stellenbosch en tant que collecteur botanique. De retour en Namibie, il reprit son activité de fermier.

1953 et la création de l’herboretum

Plusieurs initiatives privées envisageaient la construction d’un herboretum en Namibie. Durant l’apartheid, le gouvernement sud-africain désirait créer un département botanique sous l’égide de l’autorité agricole. En 1953, Giess fut nommé conservateur temporaire du nouvel herboretum de Namibie. Durant plusieurs années, il fit la navette entre la capitale et sa ferme. L’herboretum se constituait à ses débuts d’une collection de plantes privée d’environ 2’000 spécimens (plantes séchées) gracieusement donnée par le Professeur Heinrich Walter de l’Université technique d’Hohenheim.

En 1957, Giess devint conservateur de l’herboretum à temps plein jusqu’à son départ à la retraite en 1975. Il publia la toute première carte de la végétation namibienne en 1971, ainsi que la première bibliographie botanique du pays en 1989. Le Sud-africain Michiel « Mike » Müller lui succéda. Lees deux hommes ont d’ailleurs travaillé conjointement pendant les cinq années suivantes. Entre 1968 et 1991, Giess publia le journal botanique « Dinteria », du nom de Kurt Dinter.

Müller dirigea l’institution jusqu’en 1991. Il fut à l’origine de plusieurs expositions d’Histoire nationale ayant pour objectif de sensibiliser l’opinion publique à la richesse de la flore namibienne. C’est en 1990 – année de l’indépendance namibienne – que l’herboretum déménagea en haut de la colline où il se trouve encore aujourd’hui, accolé au jardin botanique national. Le S.W.Q. Herbarium devint alors l’Institut National de Recherche Botanique.

Section dédiée aux plantes désertiques © Brigitte Weidlich
La naissance du jardin botanique

Dès 1969, le terrain adjacent au NBRI était destiné à devenir une réserve naturelle. Les sentiers de randonnée furent tracés, l’espace fut clôturé et l’on planta les premiers arbres-bouteille. Le manque de moyens financiers mit un terme au développement du lieu.

Après négociations avec le Ministère de l’Environnement et du Tourisme, le NBRI reçut en février 1993 l’autorisation de convertir les douze hectares de terrain en jardin botanique. Seule une infime partie du terrain fut construite artificiellement – la majorité de la végétation est naturellement présente.

Un nouveau bâtiment destiné à l’institut vit le jour en 1996 à l’entrée du jardin. La moitié de l’aile abrite l’inestimable bibliothèque botanique, la M.A.N. (Mike) Müller Library. L’herboretum se situe dans le bâtiment annexe.

Collecter, étudier, préserver

La banque de semences du NBRI coopère étroitement à l’échelle nationale et internationale, notamment depuis la ratification par la Namibie du Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture (TIRPAA) en 2004. Ce dernier enregistre 4’463 espèces végétales, les protégeant ainsi du changement climatique et des risques d’extinction. On recense quelques 700 plantes endémiques en Namibie.

« Le NBRI participe activement au Millennium Seed Partnership en collectant et conservant des espèces végétales endémiques, rares et menacées. » –  Esmerialda Strauss, directrice du NBRI depuis mars 2015.

La Société Botanique de Namibie collabore également avec le NBRI en organisant entre autres des tours guidés du jardin botanique.

Que vous soyez passionné(e) de botanique ou que vous cherchiez simplement un lieu de promenade idéal au cœur de Windhoek, alors le jardin botanique comblera toutes vos attentes !

Le jardin botanique offre également de belles vues sur Windhoek. 
© Brigitte Weidlich

Avez-vous déjà visité le seul et unique jardin botanique de Namibie ? Etes-vous intéressé(e) par la botanique en général ? Racontez-nous tout en commentaires.

 

Traduction: Anouchka Boiteux – Tombée amoureuse de la Namibie, voilà maintenant plusieurs mois que j’ai quitté ma France natale pour rejoindre cette lointaine contrée. Passionnée d’écriture et de voyages, je vous invite à découvrir les richesses de ce pays méconnu.

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